Apologie pour l'histoire continue ou les carnets d'un médiéviste

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Historiographie, émotions: « Ecrire l'histoire »

Une nouvelle revue d'Histoire vient de naître, à la croisée du « grand public » et du monde scientifique: Ecrire l'histoire, avec comme sous-titre: Histoire-Littérature-Esthétique. Qu'une nouvelle revue sorte dans un contexte troublé comme le nôtre est déjà remarquable en soi ; mais les caractéristiques natives de l'objet le rendent encore plus admirable: outre les qualités de mise en page (un beau format « carré », un beau papier, des illustrations -un peu faibles cependant-, une mise en texte originale), la revue se distingue par son objet: l'Histoire telle qu'on l'écrit. Dirigée par des littéraires, elle associe historiens et spécialiste de la littérature ou de l'image ; elle couvre toutes les périodes. L'histoire telle qu'on l'écrit: cela signifie l'historiographie, à toute époque -et on y lit déjà de belles contributions sur la naissance de l'Histoire comme science au XIXe s.

Le premier numéro démarre fort, avec comme thématique centrale les émotions telles que transmises dans le récit historique. Les émotions sont un objet d'interrogation sociale (voire sociologique) relativement neuf, largement dominant dans le discours contemporain, : il suffit de renvoyer à une de mes vieilles notes et à l'ouvrage de Christophe Prochasson pour s'en rendre compte, s'agissant des émotions qui déforment la vision de l'historien. Mais les émotions sont aussi un objet à

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Par zid dans Continuités et ruptures d'Histoire 5 juillet 2008 03:58:55
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Sorti de l'ombre

Quelques mots en attendant une vraie note, dans les heures qui viennent. Ce jeudi 26 juin, j'ai eu le plaisir de participer à un débat sur le faux à la Fabrique de l'Histoire, sous la direction d'Emmanuel Laurentin, sur France Culture. C'est une expérience fascinante, qui m'a permis de renouer avec des sentiments que j'avais un peu oubliés. Des pincements au creux de l'estomac alternés avec des montées d'adrénaline quand on construit très vite -quelques minutes- un récit historique dirigé vers le plus grand nombre (et non plus seulement les « spécialistes »), vers ce qu'on appelle « le grand public », quand on le diffuse immédiatement et quand on sait que l'impact sera tout aussi immédiat.

C'est probablement l'expérience la plus proche de celle vécue avec le blog. Cela m'a donné un coup de fouet salutaire: j'étais en train de revoir la structure du blog « Medievizmes », ce « moment France Culture » va accélérer le processus. A l'occasion de la future publication de ce nouveau blog, j'avais prévu un « coming out »: dévoiler mon identité réelle, ou du moins ne plus la cacher du tout, pour redémarrer autrement. Mais, tout bien pesé, le meilleur moment s'avéra être le 26 juin, ce fut fait avec bonheur. L'auteur de ce blog sort maintenant de l'ombre de son pseudonyme.

Par zid dans Mes histoires de médiéviste 30 juin 2008 02:35:31
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La nouvelle loi sur les archives, l'Histoire sans sources et le triomphe de la Mémoire.

Les médiévistes s'empoignent autour de la réforme des universités, autour de la rénovation du CNRS, voire à propos de la transmission du savoir antique via les latins ou les arabes... mais à propos de la loi sur les archives qui devrait être votée par les députés le 29 avril, rien. Seuls les historiens contemporanéistes s'effraient et réagissent.

Les faits: on a entrepris actuellement une refonte de la loi sur les archives en France et les propositions ne vont pas dans le sens d'une ouverture des archives qui soit plus large! Tandis qu'il est de bon ton de railler le Vatican, ses méfait et de stigmatiser les complots sombres qui se trameraient sous la coupole de Saint-Pierre, on oublie que les plus secrets documents de l'archivio segreto ont été, eux, bien ouverts au public. A l'inverse, les archives de la République française, elles, se ferment, discrètement. Certaines ne seront plus jamais consultables ; certains délais de consultation pour d'autres vont encore augmenter ; les dérogations seront plus dures à obtenir.

On aurait tort d'y chercher un esprit de corps des historiens, visant à se réserver l'accès et à empêcher les amateurs d'y toucher. On ne leur a pas demandé leur avis et ils seront soumis aux mêmes difficultés que les autres. Ce qui est en jeu, ici, c'est une fois de plus la confusion entre l'histoire critique, scientifique et le travail de mémoire de la nation. Museler les

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Par zid dans Combats pour l'Histoire 19 avril 2008 14:50:55
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Controverse: Aristote, l'Orient en Occident ?

De temps à autres, le monde des historiens se laisse emporter par des frayeurs un peu lascives, c'est si bon de se faire peur... C'est le cas actuellement, à la suite de la publication d'un ouvrage de l'historien Sylvain Gouguenheim, intitulé Aristote au Mont-Saint-Michel, qui semble vouloir relativiser l'importance du vecteur arabo-musulman pour la transmission du savoir grec et oriental antique vers un Occident médiéval jugé excessivement « barbare », selon lui. Evidemment, la doxa nous enseigne que la transmission du savoir et notamment d'Aristote nous est parvenue en grande partie grâce aux arabes, au cours du Moyen Âge. Si Gouguenheim a bien argumenté son propos, c'est une controverse de taille qui naît ici -on en manquait, c'est une excellente chose. On va bien s'amuser.

A condition d'éviter deux écueils. Le premier est le politiquement correct ou incorrect: attaquer de la sorte la culture arabo-musulmane semble folie à notre époque policée et polissée... mais en même temps, le risque de récupération par les sectateurs de tout acabit et les racistes primaires est réel. Ne faire le lit d'un irénisme pro- ou d'un extrémisme anti-musulman, rester hors du champ politique: ce sera bien difficile, mais nécessaire. Le second écueil tient tout simplement en la manière de la critique. Car, il faut bien l'admettre, quand j'entends parler de ce livre, ces derniers jours, c'est au travers de

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Par zid dans Combats pour l'Histoire 17 avril 2008 09:41:34
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Vieilles cités

En pleine tempête de neige, découverte d'Autun, inattendue. Autun, ville heureusement sèche de touristes, toute petite, toute sereine, avec ses devantures d'un autre temps, ses façades assombries par la crasse des siècles. Autun, la prestigieuse ville d'Auguste, aujourd'hui un corps frêle et beau, flottant dans un manteau d'enceintes devenu trop large. De la salle capitulaire, perchée sur une des branches du transept de la cathédrale, au travers des vitraux, on contemple les prairies verdoyantes, presque à portée de main: rien n'a bougé depuis huit siècles -vingt siècles? Les chaînes d'hôtel ont été réléguées justement extra muros: on y loge bien mieux à l'hôtel du commerce, devant la gare: il n'y a pas de wifi, heureusement. Le musée d'Autun, le musée Rolin (du nom du célèbre chancelier bourguignon, l'enfant du pays), disperse de petits trésors en quelques salles désuètes, juste à côté de la vieille prison XIXe s. désaffectée, en rotonde.

A vingt kilomètres, Bibracte, la grande capitale celte, sur le Mont-Beuvray, abandonnée pour Autun  peu après l'écrasement des Gaulois par César. Perdue sous la neige, Bibracte est comme un fantôme et un gigantesque musée lui rend un peu de chair et d'os. L'esprit de François Mitterrand semble se partager entre ici et Solutré.

Contradictions entre deux mondes: le vieux Bibracte décharné que l'on rhabille à coup de tissu muséographique

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Par zid dans Mes histoires de médiéviste 28 mars 2008 22:46:26
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