Apologie pour l'histoire continue ou les carnets d'un médiéviste
Ca y est, Got l’a annoncé il y a deux semaines déjà: Telma est publiée. Mon silence de ces dernières semaines tenait principalement à la préparation de cet instrument. Telma : centre de ressources numériques du CNRS, dédié à la publication électronique des sources manuscrites, au Traitement ELectronique des Manuscrits et des Archives. Le CNRS avait demandé à deux des plus importantes institutions de recherche sur le document historique en France, l’Ecole nationale des Chartes et l’Institut de recherche et d’histoire des textes, de monter un centre de ce type en quelques mois, qui respecte tous les grands principes de l’accès libre, du logiciel libre, dans une logique du type digital humanities. J’en étais.
Et nous y sommes arrivés. Telma, www.cn-telma.fr, est plus qu’une simple plate-forme d’édition électronique dont la technologie est ouverte, mise à disposition de tous. Je suis en effet intimement convaincu qu’avec Telma, c’est une nouvelle philosophie de l’édition électronique qui dépasse les ordres traditionnels définis par Lachmann ou Bédier. C’est le temps de l’édition en mouvement, de l’hyperinterrogation, du dialogue constant entre l’éditeur et l’utilisateur, du « presque collaboratif », c’est le temps de la vraie gratuité scientifique et de la libre disposition des savoirs et des techniques à tous, c’est le temps d’une vraie réflexion sur la pérennité des données et l’adoption de formats qui garantissent une vie après la vie pour les textes mis en ligne.
Telma, c’est une immense fierté, aussi, très égoïstement. En quelques mois, les deux équipes, en complète synergie, ont abattu un boulot magnifique. Historiens, philologues, liturgistes, archivistes et bibliothécaires, chercheurs en digital humanities et spécialistes d’édition électronique ont travaillé main dans la main et le résultat est au-delà de toute espérance. Rien que pour l’IRHT, 5 nouveaux corpus ajoutés, dont un gigantesque répertoire des cartulaires (8500 manuscrits recensés) qui va faire grincer des dents (de joie ? j’espère…).
Je remercie ici d’abord Got le magnifique, ce grand échalas génial –ce sont les blogs qui nous ont rapprochés et c’est probablement aussi aux Petites cases et à Médiévizmes qu’on doit Telma. Je veux remercier aussi mes collègues, mes collaborateurs, mes amis, tous brillants, tous superbes, je citerai ici surtout Christophe Jacobs, Benjamin Suc, puis tous les autres que je ne nommerai pas mais qui savent ce que Telma leur doit. Et puis merci à vous, les auteurs/lecteurs des blogs : sans ce que vous m’avez appris, jour après jour, je ne pense pas que je me serais impliqué de la sorte dans l’aventure. C'est une bonne année qui commence !
Gloire à Telma !