Apologie pour l'histoire continue ou les carnets d'un médiéviste
Il y a deux ans déjà, le 27 juillet 2004, je commençais un blog, sur 20six : Blitztoire. Le blog commençait à se répandre mais n’avait pas encore l’aura qu’il a aujourd’hui, ayant supplanté tous les sites persos… Simple d’utilisation, interactif, le système m’avait séduit aussi par la possibilité d’entrer dans une ou plusieurs communautés de « blogueurs » : c’est l’envie de faire connaître la pratique historienne, et au-delà, la pratique d’un historien, qui m’a poussé à ouvrir Blitztoire, avec l’espoir d’en parler avec des spécialistes comme des moins spécialistes.
Il n’y a pas de miracle : un blog, tout le monde le sait, ça s’entretient. J’ai donc « posté » régulièrement des notes durant la première année, avec l’esprit libre et le volonté de faire de l’histoire autrement. Certes, je m’amuse beaucoup comme historien professionnel, mais je voulais prendre mon métier avec plus de légèreté dans Blitztoire. Tout ce que j’y ai écrit était pensé, mais avec plus de liberté que dans un article destiné à une revue scientifique à comité de lecture justement sourcilleux. J’ai mêlé actualité et histoire, points de vie de tous les jours, réflexions et sentiments de médiéviste au travail. Cette première année fut fascinante ; elle correspondait aussi à la montée en régime du genre « blog » : c’est durant l’année 2004 et le début de 2005 que le blog fut pris en main par bien des intellectuels, des journalistes, des politiques, mais aussi par un nombre incroyable de personnes de tous horizons qui y trouvèrent un moyen d’expression dont l’impact, même si peut-être surestimé par la communauté des blogueurs elle-même, reste impressionnant. J’y ai trouvé ma place, parmi une volée de blogueurs de la première heure que je ne citerai pas ici mais qui ont commenté mes notes d’alors. Ce fut –c’est toujours- un vrai plaisir.
A partir de la seconde moitié de 2005, les choses changèrent. D’abord, je pris les rênes de mon espace à moi, Medievizmes. J’y suis bien et je l’aime bien, il me représente bien, excessif et haut en couleurs. C’est une bonne chose. Mais du neuf survint : dans le milieu des médiévistes, on m’a identifié, et largement. Il ne se passe pas un mois sans que j’apprenne que tel ou tel historien sait qui est Zid. Disons que cela a peut-être facilité les choses, même si je reste anonyme, même si on m’a plusieurs fois conseillé de jeter le masque. Mais écrirais-je comme j’ai écrit alors si je faisais mon coming out ? J’écris déjà très différemment… Je le sais, je suis plus sourcilleux, je choisis davantage les sujets de mes notes, j’évite la blague de potache –et pourtant, ceux qui me connaissent savent que je l’apprécie ! Ce fut aussi le temps de bien des soucis de tous ordres, d’un amoncellement de travail de recherche qui m’éloigna des commandes du blog.
Il reste que j’ai perdu le contact avec la première communauté, probablement parce que j’ai moins « posté » et peut-être parce que j’ai « posté » des notes plus « spécialisées » ? Allez savoir. Mais j’aime toujours bloguer et je n’ai pas envie d’arrêter.
Mon travail « dans la vraie vie » reste colossal, mais je voudrais vraiment « poster » davantage. Ce que j’aimerais, pour cet anniversaire ? Des commentaires – aussi bien des anciens de 2004 que des nouveaux de 2005 et de 2006, mais aussi des commentaires de collègues historiens ou d’autres spécialistes des sciences sociales qui me lisent. N’hésitez pas, commentez sans crainte, anonymement ou pas! Et dites-moi franchement ce que vous pensez de mes écrits ! Dites-moi ce qu’il faut changer ou ce qu’il faut continuer !
Et en attendant, merci à vous tous qui me lisez.