Apologie pour l'histoire continue ou les carnets d'un médiéviste
Pierre Vidal Naquet est mort. C’était un grand historien. Et aussi un homme du combat, un de ceux qui avaient le don de sortir des taillis de la recherche, du maquis des historiens de profession, pour monter à l’assaut de ce qu’il croyait justement être des injustices. C’est lui qui, le premier, a pourfendu Faurisson et sa clique nauséabonde, le renvoyant aux latrines de l’histoire –et je l’ai cité plus d’une fois lors d’anciennes notes de Blitztoire, que tentèrent de noircir de sinistres bubons. Mais dès avant cela, avant cette lutte contre le négationnisme, il a dénoncé la torture en Algérie, bien avant que le devoir de mémoire s’en empare. Tout récemment encore, il signait une pétition pour qu’Israël arrête sa campagne au Liban. Il faudra qu’on se souvienne des notices nécrologiques que publient les journaux. Il faudra qu’on relise ses œuvres. Ce n’était pas seulement un brillant historien de l’Antiquité : voilà un grand lutteur qui disparaît.