Apologie pour l'histoire continue ou les carnets d'un médiéviste
Chers « collègues » (et amis ?),
Je savais que certains parmi vous étaient des fans des grandes émissions de variété trash, mais de là à vous lire en pleines éructations anonymes, sur le blog de Pierre Assouline, comme les meilleurs témoins cachés et honteux dans les émissions de Delarue… vous m’avez surpris !
Vous avez oublié, je suis désolé de vous l’apprendre, les règles essentielles de notre métier : citer ses sources, les corréler, établir les faits par une critique attentive (oserais-je dire… positiviste ? eh eh…), assumer vos positions… Dans les deux notes de Pierre Assouline, vous ne colportez que des rumeurs, des « il me semble bien que » ou des « la fille de la sœur de ma concierge connaît bien la tante du petit ami d’une fille dont le frère a occupé la Sorbonne ». Vous vous gargarisez de vos places de lecteur à la bibliothèque de l’Ecole des Chartes –c’est con, moi aussi, je l’ai, cette carte– ou de vos connaissances « de l’intérieur » -c’est con, moi aussi j’ai d’excellents amis qui y travaillent…Ne comptez cependant pas sur moi pour asséner une autre vérité que je n’ai pas et que je n’ai pas envie d’inventer ou d’imaginer maintenant.
Mais comptez sur moi pour dénoncer une attitude lâche qui consiste à sous-entendre de très graves accusations sans donner aucune preuve. Je méprise votre mépris d’une école prestigieuse qui a su dépasser ce positivisme fort qui a fait sa réputation : elle a depuis quelques années a montré un nouvel élan scientifique qui la place au premier rang des grandes institutions de recherche historique. Ces éditions de cartulaires du XIXe s. –et personne ne peut me dire que je ne sais de quoi il s’agit– étaient destinées à être numérisées dans le cadre de projets scientifiques essentiels pour la recherche : rien de superflu, aucun goût déplacé pour la nouveauté affriolante, mais des entreprises qui ont placé ces dernières années l’Ecole des Chartes au premier rang des spécialistes mondiaux de l’édition électronique des sources anciennes. Je ne puis donc que vous renvoyer vos allégations sans preuve à la figure. Je suppose que vous avez été les jouets de votre imagination, chers « collègues », ou encore que votre passion de la vérité vous a aveuglés. Mais la prochaine fois, ayez le réflexe positiviste, « à la chartiste » : citez vos sources dans vos notes de bas de page. Merci d’avance.
Bien à vous,
Z.
Pour l'affaire Dreyfus il y a eu une opposition forte au sein de l'École a priori (ma source c'est quelqu'un qui travaille à l'école et qui l'a lu dans la BEC).
Ce que je trouve drôle c'est que l'on nous reprocherait d'avoir placé ces livres dans nos bureaux alors qu'ils auraient été plus sécurité en magasin... Excusez, mais conserver c'est bien jolie, utiliser reste le but et justement on travaillait dessus (ma source, c'est moi).
Et enfin, si on a pu dresser cette liste de livre, ce n'est pas un recollement miracle ou une liste préparée que nous avons nous même saccagé, c'est que... Encore une fois nous étions en train de travailler dessus, qu'ils constituent un projet important et que l'on a vite constater qu'ils nous manquait (la source, c'est moi et mes collègues).